ENQUÊTE SUR LES HABITUDES DE CONSOMMATION DE LA MUSIQUE QUÉBÉCOISE FRANCOPHONE

MÉTHODOLOGIE

Le contexte

L’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), appuyées par le Fonds RadioStar, ont mandaté la firme IPSOS pour réaliser une enquête portant sur les habitudes de consommation de la musique québécoise francophone en 2015 auprès de la population francophone et francophile du Québec. En 2012, la première édition de cette enquête d’envergure a été réalisée ce qui a permis l’élaboration et la mise en ligne du Guide de la mise en marché de la musique québécoise francophone (MQF). L’enquête de 2015 visait trois objectifs principaux : avoir un portrait actualisé des habitudes de consommation de la musique québécoise francophone, mettre en valeur l’évolution de ces habitudes depuis 2012 et approfondir certaines dimensions, notamment en lien avec la consommation de musique dans l’univers numérique et le spectacle.

 

Les étapes de réalisation

Le projet s’est déroulé sur 8 mois et comportait quatre étapes distinctes telles que décrites dans le tableau ci-dessous :

 

Période 2015

Travaux

Étape 1

Mars - Juin

Révision du questionnaire de l’enquête de 2012

Planification méthodologique, technique et logistique en préparation de la phase de collecte et traitements des données

Étape 2

Juin - Juillet

Période de collecte (sondage Web)

Étape 3

Juillet - Octobre

Préparation et traitements des données pour la mise à jour du Guide de mise en marché de la musique québécoise francophone en ligne (production et mise à jour de la matrice de données de référence)

Analyses et interprétation des données pour bonifier le contenu de la nouvelle version du Guide

Étape 4

Octobre - Novembre

Intégration, mise en ligne, phases de test et déploiement final de la nouvelle plateforme du Guide de mise en marché de la musique québécoise francophone

 

Le questionnaire de l’enquête

Afin de permettre la comparaison des résultats et d’en mesurer l’évolution dans le temps, le questionnaire de l’enquête de 2012 a servi de base de référence pour celle de 2015.

Après les modifications et les ajouts au questionnaire initial, la version finale comportait un peu plus de 70 questions, incluant les sous-questions, les questions d’admissibilité et les questions sociodémographiques (plus de 200 variables) réparties à travers les six dimensions suivantes en lien avec les habitudes de consommation de la musique québécoise francophone (MQF) :

  • L’écoute
  • L’achat
  • L’assistance à des spectacles de musique vocale
  • Les prescripteurs de goût et influences d’achat et d’assistance aux spectacles
  • Les perceptions
  • Les habitudes médias ainsi que le profil sociodémographique et technologique

Une fois le questionnaire final validé, un premier test a été effectué afin de valider la longueur et la durée du questionnaire. La durée moyenne pour remplir le questionnaire a été réduite à 15 minutes (comparativement à 20 minutes en 2012) suite aux modifications et au nouvel agencement des questions.

 

La collecte

La cueillette des données a été réalisée du 23 juin au 6 juillet 2015 par le biais d’un panel web pré-recruté par la firme de sondage. Le choix de privilégier une méthode de collecte exclusivement via le web s’est appuyé sur un constat découlant de l’enquête de 2012 qui, elle, avait été conduite tant par téléphone que par le web. Les résultats de 2012 démontrent que la distribution des  réponses aux différentes questions est semblable, peu importe la méthode de collecte du sondage. À l’issue de la collecte, 3 000 questionnaires (répondants) ont été remplis.

La définition des groupes et des catégories (profils)

L’enquête de 2015 a été divisée en 2 grands regroupements (groupes) tels que présentés sur cette plateforme en plus du portrait général. Ces groupes comprennent plusieurs profils spécifiques pour lesquels un portrait descriptif détaillé est présenté. Les groupes et les catégories afférentes sont présentés dans le tableau suivant.

GROUPES NOMBRE DE CATÉGORIES (PROFILS) IDENTIFICATION DES CATÉGORIES (PROFILS)
ÂGES 7 catégories d’âges 13-17 ans, 18-24 ans, 25-34 ans, 35-44 ans, 45-54 ans, 55-64 ans, 65 ans et plus.
RÉGIONS 5 regroupements régionaux Montréal, Capitale-Nationale (Québec), Régions périphériques de Montréal, Régions intermédiaires, Régions éloignées.

Certaines régions de la province ont été regroupées pour faciliter la présentation et la lecture des résultats de l’enquête. Le tableau suivant présente les détails de ces regroupements.

RÉGIONS REGROUPÉES

RÉGIONS

MONTRÉAL Montréal
CAPITALE-NATIONALE Capitale-Nationale
RÉGIONS PÉRIPHÉRIQUES DE MONTRÉAL Lanaudière, Laurentides, Laval, Montérégie
RÉGIONS INTERMÉDIAIRES Outaouais, Centre-du-Québec, Estrie, Mauricie, Chaudière-Appalaches
RÉGIONS ÉLOIGNÉES Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, Nord-du-Québec, Saguenay-Lac-Saint-Jean

 

L’échantillon, la précision du sondage et la pondération

L’échantillon d’un panel web étant par nature non probabiliste, la précision des sondages en ligne est plutôt mesurée au moyen d’un intervalle de crédibilité et non d’une marge d’erreur. Pour l’enquête de 2015, le sondage sera exact à l’intérieur d’une fourchette de ± 1,8 point de pourcentage par rapport aux résultats qui auraient été obtenus si toute la population avait été sondée. Le panel web de la firme de sondage était représentatif de la population de la province de Québec.

La détermination de l’échantillon pour l’enquête de 2015 s’appuie sur celui de 2012 dont la représentativité par rapport à la population de la province a été démontrée. Les quotas spécifiques ont été établis en ramenant la taille de chaque groupe (âges et régions) à l’échantillon voulu en 2015, soit 3 000 répondants (comparativement à 5 075 répondants en 2012). Le tableau ci-dessous présente les sous-échantillons par groupe d’âges et de régions et par catégories (profils spécifiques).
 

Groupes Catégories Taille sous échantillon (n) 2012* Taille sous échantillon (n) 2015 Intervalle de crédibilité (en pts de %)
AGES 13-17 ans 458 265 ± 6,1
  18-24 ans 414 243 ± 6,4
  25-34 ans 576 350 ± 5,3
  35-44 ans 700 421 ± 4,9
  45-54 ans 950 572 ± 4,2
  55-64 ans 1025 615 ± 4,0
  65 ans et plus 893 534 ± 4,3
RÉGIONS REGROUPÉES Montréal 1158 723 ± 3,7
  Capitale-Nationale (Québec) 472 296 ± 5,8
  Régions périphériques de Montréal 1845 972 ± 3,2
  Régions intermédiaires 973 698 ± 3,8
  Régions éloignées 605 311 ± 5,7

* Le cumul peut-être différent de l’échantillon total de 5 075 répondants à cause des mentions « Ne sait pas » et « Pas de réponse » ou des valeurs manquantes selon le regroupement.

Étant donné que les données recueillies selon les quotas voulus en termes de groupes d’âges et de régions sont représentatives de la population de 13 ans et plus de la province de Québec, aucune pondération n’a été effectuée sur les données.

NOTES POUR L’INTERPRÉTATION DES DONNÉES STATISTIQUES

La caractéristique de la population visée par l’enquête

Comme ce fût le cas en 2012, l’enquête visait principalement des francophones et francophiles de la province, en d’autres termes, des personnes qui étaient en mesure de répondre à un questionnaire en français.  De ce fait, les constats découlant de l’enquête et toutes les données statistiques afférentes reflètent le comportement et la perception de cette population en particulier. Par conséquent, une certaine prudence est de mise sur la généralisation des résultats obtenus à l’ensemble de la population québécoise puisque la population anglophone ou allophone sondée est sous-représentée par rapport à la population réelle.

La définition retenue des styles musicaux (9 styles avec les exemples)

Afin de mieux refléter les tendances musicales au moment de l’administration du sondage, les exemples d’artistes ou de groupes qui illustraient les 9 styles musicaux (en français et en anglais) ont été mis à jour (à noter que la définition du style musical a toutefois été conservée). Le tableau ci-dessous présente les exemples retenus pour les genres musicaux.

Genres musicaux (MQF)

Artistes

la musique adulte contemporain québécoise en français qui inclut le pop adulte et le easy-listening comme

Ginette Reno, Isabelle Boulay, Mario Pelchat, Claude Dubois ou Nicolas Ciccone

la musique populaire québécoise en français qui inclut le pop-rock et le pop-folk, la chanson comme

Coeur de Pirate, Alex Nevsky, Vincent Vallières, Ariane Moffat, Jérôme Couture, Olivier Dion ou Marc Dupré

la musique folk québécoise en français qui inclut, le folk-rock, l’indie folk et qui est différente de la musique traditionnelle comme

Fred Pellerin, Mes Aïeux, Bernard Adamus, Plume Latraverse, Lisa Leblanc, Les sœurs Boulay ou Louis-Jean Cormier

la musique rock québécoise en français qui inclut le rock and roll, le punk, le ska et le métal comme

Éric Lapointe, les Trois Accords, les Vulgaires Machins, Martin Deschamps, Gerry Boulet, Offenbach, Monon'c Serge, Clément Jacques, Gazoline, Antoine Corriveau

la musique rock alternative québécoise en français comme

Karkwa, Fred Fortin, Malajube, Galaxie, Monogrenade ou Cafeine

la musique country-western québécoise en français comme

Patrick Norman, Gildor Roy, Renée Martel, Georges Hamel, Yoan ou Paul Daraîche

la musique urbaine québécoise en français qui inclut le techno, le house/dance, le drum’n base, le jungle et autres musiques électroniques comme

Misteur Valaire, Omnikron, Numero#, Dominic Hamel ou Mad'moizèlle Giraf

la musique Hip Hop et Rap québécois en français comme

Sir Pathétik, Loco Locass, Radio Radio, Manu Militari, Samian, Anodajay, Dead Obies ou Koriass

la musique traditionnelle québécoise en français comme

le Vent du Nord, la Bottine Souriante, Yves Lambert, les Charbonniers de l’enfer et les Tireux de roches

 

Genres musicaux (autres qu’en MQF)

Artistes

la musique adulte contemporaine qui inclut le pop adulte et le easy-listening comme

Sam Smith, Michael Buble, Adele, James Blunt ou Mariah Carey

la musique populaire qui inclut le pop-rock et le pop-folk, comme

Katy Perry, Miley Cyrus, Justin Bieber, Lady Gaga ou Pharrell Williams

la musique folk qui inclut le folk-pop, le folk-rock, l’indie folk comme

Bob Dylan, Mumford and sons, Ray Lamontagne, John Mayer ou Bon Iver

la musique rock qui inclut le rock and roll, le punk, le ska et le métal comme

Rolling Stones, U2, Artic Monkeys, The Black Keys, Muse ou Metallica

la musique rock alternative comme

Nirvana, Pearl Jam, Tame Impala, Alt-J, James Blake ou The Killers

la musique country-western comme

Garth Brooks, Keith Urban, Luke Bryan, Lady Antebellum, Dolly Parton ou Blake Shelton

la musique urbaine qui inclut le techno, le house/dance, le drum’n base, le jungle et autres musiques électroniques comme

Calvin Harris, Daft Punk, Skrillex, David Guetta ou Tiesto

la musique Hip Hop et Rap comme

Eminem, Nicki Minaj, Jay-Z, Kanye West ou Drake

la musique traditionnelle comme

Les musiques du monde – World music

La notion de marché primaire de l’écoute en musique québécoise francophone (MQF)

Lors de l’enquête de 2015, la définition des marchés s’appuie sur un regroupement de mentions pour les questions portant sur la fréquence d’écoute en MQF comme ce fût le cas lors de l’enquête de 2012. Ceci dans le but d’assurer la comparaison entre les résultats des deux enquêtes.

Ces questions utilisaient une échelle de 1 à 5 pour la fréquence d’écoute selon la ventilation suivante :

1 = Moins que quelques fois par an ou jamais, 2 = Quelques fois par an, 3 = Presque tous les mois, 4 = Presque chaque semaine et 5 = Presque chaque jour.

Le marché primaire de l’écoute MQF est défini comme étant le regroupement des mentions 4 et 5.

Les niveaux de lecture et d’interprétation des données

Il y a quatre niveaux de lecture différents pour aborder les statistiques présentées sur cette plateforme :

  • Le premier niveau de lecture fait référence au constat de la fréquence (en %) sur une question/variable donnée, il s’agit alors d’un simple constat descriptif des valeurs observées (p. ex. : on constate que 52,5 % des jeunes dans la catégorie d’âges des 13-17 ans possèdent un ordinateur tablette).
  • Le deuxième niveau de lecture vise à comparer, en proportion, la valeur observée sur une question ou variable d’un profil spécifique par rapport à la valeur observée de la même question ou variable pour l’ensemble des répondants de l’enquête (3 000 individus) appelée « Portrait général ou d’ensemble ». L’interprétation se résume à identifier les écarts (positifs ou négatifs) par rapport à la population globale de l’enquête (p. ex. :  le taux de possession des ordinateurs tablettes de la catégorie d’âges des 13-17 ans, est supérieur à la proportion observée pour l’ensemble de la population, soit 52,5 % c. 42,6 %).
  • Le troisième niveau de lecture vise à faire une comparaison, en proportion, de la valeur observée sur une question ou variable spécifique d’un profil spécifique par rapport à la moyenne de cette valeur se rapportant à la même question ou variable pour l’ensemble des catégories d’un même groupe. Ce niveau de lecture est en fait une comparaison inter-profils à l’intérieur d’un même groupe (p. ex. : la proportion de 52,5 % de jeunes possédant un ordinateur tablette observée au sein de la catégorie des 13-17 ans est la plus élevée comparativement à l’ensemble des autres groupes d’âges).
  • Enfin, le quatrième niveau de lecture consiste à se prononcer sur l’évolution du résultat obtenu à une question spécifique entre l’enquête de 2012 et celle de 2015. Pour conserver le même exemple, on constate qu’il y a une augmentation significative des jeunes de 13-17 ans qui possèdent un ordinateur tablette (+14,8 points de pourcentage en 2015). Ce constat confirme que ce type d’appareil est de plus en plus populaire auprès des jeunes de cette catégorie.

Traitement des mentions « Ne sait pas », « Pas de réponse » et les valeurs manquantes

Afin que les résultats 2015 présentés sur cette plateforme puissent être comparables avec les données de 2012, les mentions « Ne sait pas », « Pas de réponse » ainsi que les valeurs manquantes ont été exclues des réponses pour toutes les questions à choix unique. Les fréquences en pourcentage ont donc été recalculées (et ramenées sur 100 %) sur l’échantillon des répondants qui ont effectivement répondu à la question. Il peut donc y avoir des écarts minimes entre certains résultats présentés sur cette plateforme et ceux du rapport final produit par la firme de recherche.

L’utilisation de la médiane comme mesure de tendance centrale

La médiane représente une mesure de tendance centrale qui est proposée comme substitut à la moyenne arithmétique lorsque cette dernière est biaisée à cause des valeurs extrêmes. 

Pour les questions afférentes aux montants (en $) déclarés par les répondants pour l’achat de MQF et l’assistance aux spectacles de musique vocale en MQF, les données collectées indiquent une très grande étendue des montants déclarés. Le choix et l’interprétation de la médiane sont alors plus appropriés que la moyenne dans ce contexte. Lorsque le recours à une médiane s’applique, cela sera explicitement indiqué dans les propos.

Le volume d’achat annuel de MQF

Le volume d’achat annuel de MQF estimé est dérivé des réponses en catégories fournies par les participants aux deux questions suivantes : « À quelle fréquence achetez-vous de la musique, tous genres confondus, pour vous-même? » et « De toute la musique que vous achetez, à peu près quel pourcentage est de la MUSIQUE QUÉBÉCOISE FRANCOPHONE? ». La conversion suit la règle suivante : « presque tous les jours » est converti à 182 fois par an (tous les deux jours), « presque chaque semaine » à 26, « presque chaque mois » à 6, « quelques fois par an » à 3, et « moins que quelques fois par an ou jamais » à 0. La moyenne (volume d’achat annuel estimé) a été établie une fois cette conversion effectuée.